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Un label pour les associations "républicaines" ?

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Un label pour les associations

© © RapidEye - iStockphoto.com

Proclamée Grande cause nationale de l’année 2015, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme a fait l’objet d’une circulaire ministérielle cet été. Elle propose un label pour distinguer les associations qui promeuvent les « valeurs républicaines ».

« L’injure raciste n’est tolérable ni dans l’espace public, ni dans les classes, ni sur internet. » Face à la résurgence de l’antisémitisme et à la multiplication d’actes racistes, le ministère de l’Intérieur a réagi en réactivant fin 2014 la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra).

100?millions sur 3 ans

Créée en 2012 et placée depuis novembre 2014 sous l’autorité directe du Premier ministre, la Dilcra a rendu public en avril dernier son plan national qui comporte quatre priorités : mobiliser nationalement contre le racisme et l’antisémitisme ; sanctionner les auteurs d’actes racistes ou antisémites et soutenir les victimes ; protéger les utilisateurs d’internet de la propagation de la haine ; former les citoyens.

Ce plan est doté d’un financement de 100 millions d’euros sur trois ans, dont un quart destiné à des actions de portée nationale. Les trois autres quarts financeront des actions plus localisées dans le cadre de la politique de la ville.

Sport : appel à la vigilance

Le sport est un milieu sensible où les injures et les comportements racistes défraient souvent la chronique. La circulaire appelle donc à une vigilance particulière dans ce domaine : « Vecteur privilégié d’apprentissage de la vie collective et des valeurs d’effort et de respect de l’autre, le sport est aussi, par ailleurs, exposé à la violence raciste, ainsi qu’à des phénomènes de communautarisation ». Pour lutter contre eux, les préfets devront établir avec les responsables sportifs départementaux des principales fédérations les moyens pour organiser un signalement « en temps réel » de tout incident. Un correspondant permanent dans chaque préfecture sera nommé pour suivre ces questions.

Un label national

C’est dans le cadre du premier axe qu’est envisagée la labellisation des associations respectueuses des valeurs républicaines. Celles-ci sont, selon la circulaire « la neutralité, la laïcité ou encore l’usage du français ». « Il est légitime, poursuit le texte, que l’État demande un engagement aux partenaires associatifs dont il finance les actions. Un tel engagement peut prendre la forme d’une charte des valeurs républicaines […] En fonction d’un cahier des charges que la Dilcra présentera prochainement, les associations qui respectent et appliquent les valeurs de la République se verront attribuer un label national pour valoriser leur engagement citoyen et garantir la pérennité des financements. »

On n’en sait pas plus pour le moment, si ce n’est d’aller voir ce qui a été réalisé en Aquitaine en 2015 où, selon la circulaire, une telle charte a été mise en œuvre.

Difficultés de mise en place

Le problème est que la charte en question, mise en place par l’ancien préfet d’Aquitaine, a été tout simplement mise sous le coude par son successeur. On peut en effet imaginer les difficultés de mise en place. Qu’est-ce que la « neutralité » pour des associations ? Comment prendre en compte les relations entre le principe de laïcité et les problématiques de citoyenneté et d’égalité ? Dans l’esprit de son initiateur, l’adhésion à cette charte conditionnait l’octroi de financements. C’est ainsi qu’un appel à projets lancé en 2015 en Gironde stipulait : « L’attribution d’une subvention dans le cadre de l’appel à projets sera conditionnée à la signature de la charte de partage des valeurs républicaines ». L’appel a bien eu lieu, mais la charte et sa signature, elles, sont passées à la trappe. La République a-t-elle vraiment besoin d’un label ?

Un article de Michel Lulek

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