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Service civique : un bilan positif

Emilie Gianre
Service civique : un bilan positif

© Daniel Ernst - stock.adobe.com

Une consultation citoyenne sur le service civique a permis de recueillir les avis des volontaires et bénéficiaires ayant expérimenté le dispositif. Les retours d’expérience sont positifs et permettent de dessiner les grandes orientations pour la suite.

Pour rappel, le service civique est destiné à tous les jeunes de 16 à 25 ans (30 ans pour ceux en situation de handicap), avec ou sans diplôme, qui souhaitent se rendre utiles à la société en s’engageant dans une mission d’intérêt général et de cohésion sociale. Les missions peuvent être réalisées dans une association, un établissement public, une collectivité et dans des domaines variés comme la culture, le sport, l’aide aux personnes âgées ou la protection de l’environnement. D’une durée de six à douze mois, à raison de trente heures par semaine en moyenne (vingt-quatre heures au minimum), cette mission est indemnisée 580,62 € net par mois.

Plus de 430 000 volontaires en dix ans

Le bilan chiffré du service civique est impressionnant. Depuis 2010, plus de 430 000 volontaires se sont engagés, représentant plus de 300 millions d’heures. À l’occasion des dix ans de la loi relative au service civique, l’Agence du service civique (ASC) a lancé en début d’année, en partenariat avec Cap ­Collectif (start-up proposant une plateforme d’intelligence collective), une consultation ouverte aux citoyens afin de recueillir des témoignages, de proposer des pistes d’évolution pour les dix prochaines années et de choisir une future « grande cause » portée par l’Agence dès 2021.

Début octobre, les résultats de cette consultation ont été publiés. Près de 25 000 visiteurs, plus de 1 000 contributions, 400 témoignages et 9 000 votes ont été enregistrés. Les témoignages reflètent une expérience très majoritairement positive. Cette forme d’engagement a donné lieu au développement de trois points bénéfiques pour les volontaires. Ils ont tout d’abord acquis de nouvelles compétences, parfois « techniques » mais surtout relationnelles. Ils se sont sentis immédiatement utiles, ont appris à travailler en équipe et à s’ouvrir aux autres. Cela leur a permis de développer leur confiance en soi et dans les autres. Cette capacité d’action a été souvent présentée comme un « déclic » dans un parcours de vie. Le sentiment de valorisation, qui permet de trouver sa place dans la société, a aussi été fréquemment mentionné. Enfin, les rencontres humaines apparaissent au cœur de ce dispositif. C’est surtout le caractère inédit de ces rencontres, qui est souligné, le fait qu’elles n’auraient pas pu avoir lieu autrement. Elles sont donc présentées comme un moteur d’engagement.

Une nouvelle feuille de route

L’ASC avait soumis plusieurs propositions portant sur l’avenir de ce dispositif. Celles qui ont obtenu le plus de voix font apparaître trois points importants : un besoin d’ouverture et de souplesse (davantage de thématiques dans les missions, des durées plus longues et plus de liens entre les volontaires), une meilleure connaissance du service civique qui pourrait être intégré dans un parcours de vie universitaire ou professionnelle, et surtout un contrôle renforcé dans le déroulement des missions. Le dispositif nécessite aussi un meilleur accompagnement des organismes et tuteurs. Ainsi, pour l’avenir, l’ASC s’est donnée comme axes de travail prioritaires : le niveau d’accompagnement des volontaires, les conditions matérielles d’exercice de la mission et la vigilance à avoir entre les principes fondamentaux du service civique et la réalité du terrain. Le service civique devrait par ailleurs être proposé comme un complément facultatif au SNU (service national universel) et donc attirer plus de jeunes participants.

En savoir plus : service-civique.gouv.fr

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