Nous suivre Associations Mode d’emploi

La citoyenneté passe de plus en plus par l’association

Michel Lulek
Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

La citoyenneté passe de plus en plus par l’association

© lil_22/Adobestock

Au moment où les équipes municipales sont renouvelées, l’Ifop, à la demande du Mouvement associatif, a interrogé un échantillon représentatif de Français sur les façons de vivre leur citoyenneté. Ils attendent beaucoup et de plus en plus des associations.

 

«Il y a un malaise dans la citoyenneté ». Le diagnostic, sévère, est du sociologue Roger Sue. Il l’a dressé le 31 janvier dernier lors de l’évènement Droit de cité organisé à l’occasion des vingt ans du Mouvement associatif. « La citoyenneté, explique-t-il, ce n’est pas simplement une carte d’électeur. La citoyenneté, c’est la manière dont on contribue au lien social et ce lien social, la plupart du temps, passe par les associations. »

Ce que Jérôme Fourquet, directeur du pôle Opinion et Stratégies d’entreprises à l’Ifop, confirme au regard du sondage qu’il a présenté le même jour : « on voit que progressivement cette citoyenneté associative acquiert droit de cité à côté d’une citoyenneté beaucoup plus ancienne qui est la citoyenneté politique et civique à travers le bulletin de vote ».

Civisme du quotidien

Lorsqu’on demande aux Français et aux Françaises ce qu’est pour eux être citoyen ou citoyenne, la première réponse correspond à ce que Jérôme Fourquet nomme un « civisme du quotidien » : avoir un comportement respectueux des autres et de son environnement (40 % en première réponse, mais 67 % de la totalité des réponses). Vient ensuite le fait de voter (33 et 65 %), puis, rapidement derrière, participer localement à des activités pour le lien social (7 et 26 %) ou s’impliquer dans la vie de sa commune et de son territoire (9 et 23 %), ce qui, additionnés, fait tout de même 16 % en première réponse, mais surtout 49 % du total des réponses données. Bref, 1 personne sur 2 fait rimer citoyenneté et engagement concret.

Confirmation plus éclatante en est donnée dans les réponses à une autre question. « Selon vous, qui défend le mieux vos préoccupations de citoyen dans le débat public ? » Les élus locaux arrivent en (courte) tête : 42 % de première réponse, 60 % de toutes les réponses. Ils sont talonnés par les « associations et mobilisations citoyennes » : 37 et 62 %. Les syndicats, parlementaires, médias et partis politiques n’arrivent tous, et dans cet ordre, que très loin derrière. Idem pour les réponses à cette autre question : « quels sont les acteurs locaux qui agissent pour votre bien-être sur votre territoire ? ». Le maire et les conseillers municipaux (46 et 65 %), puis, en seconde position, les associations (26 et 46 %).

Besoin de participation

Ce résultat s’explique par la conviction de la majorité des personnes interrogées que la réponse aux défis de leur territoire passe par un renforcement de la participation des habitants aux décisions locales. Ils sont 85 % à le penser. Concrètement, 42 % de ces répondants souhaitent des consultations régulières des habitants (comme pour des budgets participatifs par exemple), 36 % pensent qu’il faut développer les lieux de participation des habitants (conseils de quartier, conseils de la vie locale…) et 22 % que cela doit passer par une implication plus forte des associations présentes sur le territoire.

On en a confirmation dans un certain nombre de communes, en particulier en milieu rural, où la pratique des « assemblées d’habitants » tend à apparaître, que ce soit à l’initiative des municipalités ou des habitants. Le législateur lui-même n’y est pas indifférent qui, dans la récente loi Engagement et proximité, a prévu que des conseils consultatifs puissent être créés dans les hameaux des communes de moins de 3 500 habitants.

Plébiscite associatif

Autre résultat de ce sondage : une corrélation évidente entre l’engagement associatif et le fait d’être heureux et de bien vivre sur son territoire. Contrairement aux discours pessimistes, le sondage affiche un optimisme certain. 87 % des personnes sont satisfaites de vivre là où elles vivent. Celles qui se disent même « très satisfaites » (28 %) vivent surtout en milieu rural – le bonheur serait donc bien dans le pré ! – et sont pour un tiers au moins adhérentes d’une association locale.

Comme si être engagé dans la vie de sa commune, d’une manière ou d’une autre, était gage de bien-être territorial. L’engagement passe du reste majoritairement dans les réponses données, soit par l’adhésion à une association, soit par la participation occasionnelle aux actions associatives. Une ultime réponse enfonce le clou : 87 % de nos concitoyens souscrivent à l’idée que les associations sont les principales actrices d’une vie locale riche et dynamique. C’est presque un plébiscite !

En savoir plus :
Le sondage de l’Ifop

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdomadaire d’Associations Mode d'emploi

Nous vous recommandons

Les ONG françaises mobilisées et réactives

Les ONG françaises mobilisées et réactives

Suite à l’appel de Coordination Sud, 449 projets ont été proposés en à peine 2 semaines par des ONG françaises pour répondre à la crise actuelle dans ses nombreuses dimensions :[…]

30/06/2020 |
Les festivals s’enfoncent dans la crise

Les festivals s’enfoncent dans la crise

Observer le tissu associatif d'un territoire pour mieux connaître ses besoins

Observer le tissu associatif d'un territoire pour mieux connaître ses besoins

Reprise des activités physiques et sportives

Reprise des activités physiques et sportives

Plus d'articles