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[INTERVIEW] « Les associations sont de plus en plus des exécutantes de la commande publique »

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[INTERVIEW] « Les associations sont de plus en plus des exécutantes de la commande publique »

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Interview de Jean-Pierre Worms, président du collectif Pouvoir d’agir et ancien parlementaire

Les associations sont-elles devenues dépendantes de l’État ?

Du fait de leurs difficultés financières, beaucoup d’associations sont de plus en plus des exécutantes de la commande publique au détriment de la mise en œuvre de leur projet associatif. C’est moins ce dernier que la performance de l’action circonscrite par la commande de l’État qui domine. Beaucoup d’associations sont plus attentives à ce que les pouvoirs publics attendent d’elles qu’à ce qui peut provenir ou émerger de la société civile ou des besoins des habitants, même lorsqu’elles ont un rapport critique avec l’État.

Pourtant, on n’a jamais autant parlé de démocratie participative

Le discours public affiche une très grande ouverture aux initiatives citoyennes et à la société civile mais il ne reconnaît les associations que comme le prolongement utile de politiques publiques. On appelle à l’émergence d’une citoyenneté active, mais en réalité on agit comme si l’on voulait des citoyens asservis. C’est une contradiction majeure qu’on retrouve également dans les relations des associations avec le mécénat privé qui, en France, contrairement à ce qui se passe dans le monde anglo-saxon, est très dépendant des choix et des priorités des fondations d’entreprise.

Pourquoi les associations se laissent-elles faire ?

La première raison tient à l’émiettement des initiatives associatives qui freine la construction d’une capacité commune de transformation sociale, d’un véritable pouvoir politique partagé. Tous ces citoyens qui agissent pour développer et valoriser le « pouvoir d’agir », tous ces membres d’une société civique active, bien que mus par les mêmes valeurs… ne se connaissent pas ! Et, de ce fait, ne constituent pas une force capable de peser ensemble sur l’organisation et la mise en œuvre cohérente des politiques publiques. Le second facteur, c’est la reproduction au sein de la société civile de ce découpage en « silos » verticaux déconnectés les uns des autres. Cela est souvent dénoncé concernant l’action publique de l’État ou des collectivités locales. Mais les associations, les réseaux ou les collectifs citoyens n’y échappent pas. Ce qui est encore plus grave !

Propos recueillis par Michel Lulek

 

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