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[INTERVIEW] « Le bénévolat peut faire peur »

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[INTERVIEW] « Le bénévolat peut faire peur »

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Interview de Stéphanie Andrieux, fondatrice et directrice de Benenova

Y a-t-il une « fracture sociale » au sein du bénévolat ?

Oui, c’est une réalité palpable et qui est inquiétante : l’engagement bénévole est à notre avis un outil sans pareil pour « faire société », c’est-à-dire rassembler des personnes d’horizons différents autour d’enjeux communs pour œuvrer ensemble à un avenir meilleur. Réduire cette fracture sociale de l’engagement est un véritable enjeu de société. C’est pour cela que Benenova ne propose que des actions solidaires collectives. C’est un point essentiel du format d’engagement que nous développons. En effet, au-delà de l’impact généré par l’engagement des bénévoles (x colis alimentaires confectionnés, x personnes âgées ayant participé à un atelier…), nous sommes convaincus que la rencontre entre des citoyens très différents mais mobilisés par une même cause est génératrice d’innombrables externalités positives.

Comment lutter contre ?

Nous avons par exemple mis en œuvre des programmes spécifiques pour faciliter et accompagner l’engagement de personnes dites « éloignées de l’engagement », notamment en raison de leur situation sociale. Nous travaillons avec des centres d’hébergement qui nous ont contactés car les personnes accueillies souhaitaient devenir bénévoles, afin de retrouver une posture de « participant ». Il s’agit d’informer, de mettre en place des formations à l’outil numérique, d’être présents pour rassurer et accueillir les nouveaux bénévoles. Les résultats des accompagnements mis en place sont impressionnants et porteurs d’espoir : changement de regard de la personne sur elle-même grâce au changement de regard porté par les autres, lutte contre les préjugés, gain de compétences et de confiance en soi, meilleure inclusion…

Y a-t-il d’autres facteurs excluants ?

Oui, le bénévolat peut faire peur : peur de ne pas avoir le temps pour un engagement, peur de ne pas avoir les compétences, peur de ne pas être accepté dans une équipe. Il nous paraît important de continuer à travailler sur tout ce qui facilite le premier pas vers l’engagement… en faisant en sorte que ce premier pas soit tellement réussi que le nouveau bénévole n’ait qu’une hâte : recommencer. Cependant, alors qu’il est demandé de plus en plus de professionalisation des associations et donc de leurs bénévoles, l’objectif d’inclusion citoyenne peut passer au second rang des préoccupations des acteurs associatifs, soumis à des enjeux d’« efficacité ». Nous travaillons donc sur des programmes qui facilitent l’engagement des personnes qui pourraient être exclues dans un premier temps, notamment les personnes en situation de handicap.

 

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