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[INTERVIEW] « L’accompagnement n’a jamais été aussi nécessaire »

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[INTERVIEW] « L’accompagnement n’a jamais été aussi nécessaire »

© Kathleen Rengnet

Interview de Hugues Sibille, président de la Fondation Crédit coopératif, président du Labo de l’ESS, président fondateur de l’Avise 2002-2016

Pourquoi avoir créé les DLA ?

Le point de départ était la fin programmée du dispositif des emplois jeunes. Il s’agissait d’accompagner les associations, tant sur leur projet que sur leur gestion, pour pérenniser les emplois. En tant qu’ancien consultant d’entreprise, je connaissais le fonds régional d’aide au conseil (Frac) pour les PME qui finançait le conseil aux entreprises. Pourquoi ne pas imaginer un équivalent pour les associations créatrices d’emplois ?

Quelle était l’idée sous-jacente ?

Directeur à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), je fus très soutenu sur cette idée par la déléguée générale à l’emploi (DGEFP) de l’époque, Catherine Barbaroux. Dès le départ, nous voulions un accompagnateur dans la proximité (par département) capable d’un diagnostic global des besoins opérationnels d’une association (stratégie, finance, comptabilité, emploi, gouvernance, communication, etc.), apte à accompagner les associations employeuses quel que soit leur secteur d’activité. La DGEFP et la CDC se sont engagées au démarrage à travers une convention « Agir pour l’emploi » qui mobilisait également des crédits FSE.

16 ans après leur création, quel bilan ?

Reposant sur un prédiagnostic généraliste, puis la mise en place d’un plan d’accompagnement, le fonds d’ingénierie permet au DLA de financer les actions à réaliser si nécessaire par un prestataire externe (cabinet comptable, juriste, agence de communication, etc.) ou par une fédération. Cela a fonctionné remarquablement. Les chiffres et les rapports d’évaluateurs indépendants en témoignent.

Les associations ont-elles encore besoin d’être accompagnées ?

Au vu des mutations fortes et rapides du secteur, plus que jamais. D’un côté il y a la baisse des subventions, le recours trop fréquent aux appels d’offres, les incitations aux rapprochements, etc., de l’autre des besoins sociaux en hausse ; une révolution digitale modifiant les métiers et les approches ; des gouvernances associatives à repenser avec un renouvellement difficile d’administrateurs. Le rôle des DLA est de consolider les associations en gardant bien en vue leur projet d’utilité sociale spécifique et leur dimension non lucrative. Un axe stratégique pour demain sera l’accompagnement à la recherche et développement sociale et à l’innovation, ainsi qu’aux méthodologies d’évaluation d’impact.

Propos recueillis par Céline Fiorentino

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