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Covid-19 : le HCVA veut maintenir le souffle citoyen

Michel Lulek

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Covid-19 : le HCVA veut maintenir le souffle citoyen

© Andy Roberts/KOTO - stock.adobe.com

Si les associations ont été bousculées par la crise sanitaire, elles ont néanmoins fait montre d’une remarquable capacité à mobiliser l’engagement citoyen. Le Haut Conseil à la vie associative en tire les leçons et fait des propositions pour maintenir cet engagement dans la durée.

Le Haut Conseil a pris l’initiative fin juin de publier une analyse de la façon dont les associations ont traversé la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19. Pour la haute instance, elle a révélé une mobilisation citoyenne qui doit être poursuivie et encouragée : « Les exemples ne manquent pas d’associations, comme APF France Handicap, les Petits frères des pauvres, les équipes Monalisa… qui ont exploré toutes les possibilités de rendre service pour les besoins quotidiens aux personnes handicapées et aux personnes âgées ». Comme les associations de solidarité (Secours Populaire, Croix-Rouge française, Secours Catholique…), beaucoup ont mobilisé bien au-delà de leurs bénévoles habituels. « Qu’en sera-t-il demain, cette formidable « levée » de citoyenneté pourra-t-elle tenir dans la durée et avec quels moyens ? » Les réponses du HCVA se résument en cinq préconisations.

Encourager l’engagement des jeunes

Dans de nombreuses associations, des jeunes sont venus proposer leurs services ce qui constituait parfois leur premier engagement associatif. Pour le HCVA, des modalités sont à inventer et à expérimenter pour « les fidéliser, les accompagner, leur proposer des actions compatibles avec leur mode de vie et valoriser le temps donné, les compétences acquises et la prise d’initiative ». Le secrétariat d’État confié le 26 juillet à Sarah El Haïry, et dont l’intitulé est justement dédié à la jeunesse et à l’engagement, laisse penser que cette recommandation sera entendue. Encore faudra-t-il que l’engagement ne se traduise pas sous les formes uniques du service civique ou du SNU. Mais qu’il soit appréhendé de manière plus large, y compris au sein d’associations peu structurées ou informelles, les jeunes n’étant pas tous prêts à s’insérer dans des formules rigides d’engagement.

Favoriser un engagement intergénérationnel

À l’autre bout de la vie, on a constaté pendant la crise que les personnes de plus de 60 ans (les plus à risque face au coronavirus) ont eu tendance à s’éloigner de leur engagement associatif. Réflexe de prudence qui n’a pas été sans impact dans certaines associations où les seniors constituent la majorité des forces vives. Le HCVA appelle à être vigilant à ce que l’après-crise ne soit pas l’occasion d’un conflit de générations : « Au contraire, l’occasion est donnée de travailler pour un bénévolat intergénérationnel avec le développement par exemple d’un tutorat et d’un apprentissage partagé. »

Renforcer l’intermédiation bénévole

L’intermédiation, qui consiste à rapprocher les associations et les personnes qui souhaitent s’engager, passe en partie par des plateformes numériques. Le HCVA invite à une réflexion avec tous les acteurs de l’intermédiation pour renforcer et rendre plus efficace ce type de mise en contact – qui au demeurant ne saurait être la seule : le bouche-à-oreille, la tradition familiale et l’interconnaissance locale demeurent toujours des portes d’entrée valides dans le monde associatif. Au-delà de la mise en relation, de la simple connexion, le HCVA insiste sur l’accompagnement qui doit suivre, faute de quoi les aspirants bénévoles peuvent être déçus et « concevoir une impression négative du monde associatif, participant à s’en éloigner pour longtemps ».

Former et accompagner les bénévoles

L’analyse du HCVA se termine sur deux propositions plus classiques mais qui valident des dispositifs existants. D’une part, il faut accentuer la formation des bénévoles, un point sur lequel la haute instance insiste depuis de nombreuses années et sur les moyens de laquelle elle est très claire : « Actuellement, les moyens consacrés à cette formation sont insuffisants, le fonds de développement de la vie associative […] ne dispose pas des financements nécessaires, il est urgent d’augmenter sa dotation ». D’autre part, il faut agir sur l’accompagnement des associations « dans leur capacité à accueillir de nouveaux bénévoles et de nouvelles formes d’engagement sans que ne soient compromises les valeurs fondatrices et fédératrices du projet associatif » initial. Ces préconisations sont désormais sur le bureau de Sarah El Haïry. Il sera intéressant de voir dans les prochains mois comment elle y répondra.

En savoir plus : Les préconisations du HCVA 

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