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Coronavirus : le moment de dire « chiche »

Michel Lulek

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Coronavirus : le moment de dire « chiche »

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Le confinement lié à l’épidémie du Covid-19 a été un choc brutal pour les associations. Activité réduite ou en sommeil, neuf d’entre elles sur dix sont touchées. Malgré cela, l’entraide fonctionne et elles s’efforcent de maintenir le lien social. Et veulent saisir l’opportunité pour en appeler à plus de justice et de solidarité.

Dans l’urgence, la première chose était de connaître l’impact de la crise sur les associations. C’est Recherches & Solidarités qui s’en est chargé en lançant une enquête à laquelle ont répondu quelque 16 000 associations, soit plus de 1 % des associations et 6,2 % des structures employeuses. Les résultats sont sans appel. On est face à un « coup d’arrêt brutal » : 65 % des associations ont mis leur activité en sommeil (76 % des associations sportives) et 23 % l’ont réduit significativement.

20 % de leur activité

L’impact est d’autant plus fort que celles qui ont maintenu une partie de leur activité estiment en très grosse majorité (77 % et 88 % pour les sportives) que celle-ci représente moins de 20 % de leur activité habituelle. La plupart des évènements sont déprogrammés (90 % dans la culture) en sachant que ceux-ci constituaient le coeur de l’activité de l’association pour 44 % d’entre elles et qu’ils étaient importants pour 37 %.

Plus de la moitié des répondantes prévoient dès lors des conséquences économiques dans les six mois, 21 % des associations disposant de moins de 3 mois de trésorerie, un chiffre qui monte à 28 % pour les employeuses. Parmi ces dernières, 69 % pensent recourir au chômage partiel et plus de la moitié ont organisé le télétravail. Un quart ont mis en place des arrêts de travail indemnisés pour garde d’enfants.

Quant aux craintes sur le plus long terme, elles aussi sont financières : les dons des entreprises mécènes, elles-mêmes impactées, seront-ils après la crise du même montant ou ne les verra-t-on pas s’effondrer ? Les pouvoirs publics maintiendront-ils des financements accordés sur des programmes qui risquent d’être largement revus, voire annulés ?

Vitalité citoyenne

Les associations ont cependant très vite eu le souci de garder vivants les nombreux liens sociaux qu’elles tissent avec leurs bénévoles : 82 % entretiennent tant bien que mal des relations (échanges à distance, entraide, etc.). De la même manière 46 % sont prêtes à se mobiliser, elles et leurs bénévoles, dans des démarches civiques. Depuis la petite ludothèque qui envoie à ses adhérents des fiches pour construire soi-même des jeux jusqu’à la Croix Rouge qui a lancé un dispositif d’écoute et de livraison solidaire pour les personnes isolées, les initiatives foisonnent.

Un DLA a ouvert des groupes d’échanges à distance à l’attention des responsables associatifs autour de deux thématiques : « comment tenir à flot financièrement » et « les pratiques numériques en situation de confinement ». Un réseau national comme Covid-entraide France s’est également créé pour relier des groupes d’entraide locaux qui se sont spontanément mis en place partout sur répertoriés sur son site !).

Une mobilisation qui n’attend pas seulement des réponses de l’État mais qui montre la vitalité des citoyens et de la société civile.

Repenser l’après

Mais, au-delà des mesures d’urgence, nombreuses sont les associations, fédérations ou collectifs qui appellent à repenser l’après. À l’instar du Mouvement associatif, elles profitent de cette situation de crise pour redire ce que beaucoup ne cessaient de proclamer depuis des années : plus de justice, plus de solidarité, plus d’entraide, plus d’égalité, et la nécessité de renforcer le secteur public et associatif…

-> A lire : l'interview de Philippe Jahshan, président du Mouvement associatif : 

Pour le Collectif des associations citoyennes, « la crise sanitaire révèle la nature profonde des choix politiques faits depuis
de nombreuses années ». Un collectif de 15 associations environnementales appelle à « ne pas relancer une économie profondément insoutenable écologiquement et socialement ». Le Labo de l’ESS, sous la plume d’Hugues Sibille, proclame : « Le coronavirus doit être aussi une pédagogie d’autres menaces et dérèglements qui sont devant nous. Ce que l’ESS porte depuis des années (coopération,
solidarité, absence d’esprit de lucre, responsabilité…), résonne comme jamais : dans les interventions récentes des uns et des autres, y compris au sommet de l’État ou de l’Europe, on sent une brèche.

C’est le moment de dire « chiche » haut et fort » pour construire une société plus humaine et moins destructrice.

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