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[Contrats aidés] Christophe Itier : « Il faut faire la différence entre les secteurs marchand et non-marchand »

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 [Contrats aidés] Christophe Itier : « Il faut faire la différence entre les secteurs marchand et non-marchand »

Interview de Christophe Itier, Haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale

Quel est votre parcours ?

J’ai débuté en travaillant pendant plusieurs années au sein de collectivités locales. D’abord en occupant le poste de responsable des services enseignement, loisirs et jeunesse de la ville de Ronchin près de Lille, puis sur les politiques de santé au sein du conseil régional du Nord - Pas-de-Calais. Par la suite, j’ai été secrétaire général d’un groupe de retraite, prévoyance et mutuelle des emplois et de la famille avant de rejoindre en 2006, le cabinet Deloitte à Lille où j’ai pris la responsabilité du secteur public et de l’économie sociale et solidaire.

Enfin, depuis 7 ans, je suis directeur général d'une association médico-sociale La Sauvegarde du Nord, qui compte 1 500 salariés et 200 bénévoles et qui accompagne chaque année plus de 37 000 personnes en difficulté, dans les domaines de la protection de l’enfance, du handicap, de l’insertion et de la santé.

J’ai été par ailleurs administrateur puis président du Mouves, fondateur d’un fonds de dotation présidé par Louis Gallois, mais aussi coordonnateur des travaux d’écriture du volet ESS du programme présidentiel d’Emmanuel Macron et en ai été le porte-parole national.
 

En quoi consisteront vos missions, notamment pour le secteur associatif ?

Je suis chargé auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire de définir une stratégie nationale et territoriale de développement de l’ESS. Je serai doté d’une compétence interministérielle, ce qui permettra d’impulser une politique gouvernementale ambitieuse dédiée à l’ESS.

Deux axes prioritaires sont d’ores et déjà définis. Tout d’abord la mise en place d’un « Social Business Act » pour co-construire avec les acteurs des mesures en faveur de la croissance et du changement d’échelle des entreprises de l’ESS. Pour le secteur associatif, cela consiste aussi à identifier les actions de promotion qui répondent à ses spécificités et qui permettront la consolidation de ce secteur. Aux lendemains de ma nomination, j’ai en ce sens demandé au Conseil supérieur de l’ESS de nous faire part de ses propositions pour une montée en puissance des entreprises de l’ESS.

Le second axe consiste à mettre en place une politique publique plus favorable au développement de l’innovation sociale. Il faut imaginer un écosystème propice pour lever les freins mais surtout pour libérer les énergies, notamment des acteurs associatifs, afin qu’ils aient une marge de manœuvre leur garantissant la possibilité d’innover sans perdre leur identité.


Quelles solutions peuvent être imaginées pour les associations concernées par la suppression des contrats aidés ?

Tout d’abord, il convient de préciser que la baisse des contrats aidés a été décidée par le gouvernement précédent. À notre arrivée au pouvoir, l’intégralité des crédits dédiés aux contrats avait déjà été consommée. Nous nous sommes efforcés tant bien que mal de limiter le choc en dégageant 40 000 nouveaux postes.

La question des contrats aidés recouvre en réalité plusieurs autres sujets. Il faut d’abord s’interroger sur l’efficacité de ce dispositif en tant qu’outil d’insertion professionnelle et faire la différence entre les secteurs marchand et non marchand mais aussi entre les différents types de contrats aidés. Mais le secteur associatif souffre de cette baisse car il se dote souvent de contrats aidés faute de moyens. Il y a donc urgence à revoir le modèle économique car l’emploi précaire n’est pas l’emploi de l’ESS.

Nous entendons co-construire la définition de mesures efficaces pour une mise en œuvre dès 2018. Parmi les mesures prises immédiatement pour consolider le secteur associatif, il y a la prolongation du CITS, qui sera relevé de 2 points et sera transformé à partir de 2019 en une réduction de charges pérenne.


Le gouvernement veut-il voir plus de start-up dans le secteur associatif ?

Nous considérons que les modèles économiques sont différents en fonction du secteur d’activité. Notre ambition est de permettre aux associations d’exister mais aussi d’innover. L’accélérateur d’innovation sociale que nous pensons mettre en place devrait permettre de les accompagner mais aussi de favoriser la prise d’initiative.

Par ailleurs, nous souhaitons profiter de l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 pour porter au niveau européen et international la voix de l’ESS française. La mobilisation des acteurs à cette occasion peut permettre de faire de cet événement un tremplin pour booster les achats responsables, valoriser le bénévolat notamment dans les associations sportives et de quartiers. Faire de ce rendez-vous tant attendu des « jeux olympiques solidaires ».

À l’image de la French Tech pourquoi ne pas imaginer un label social qui valorise les acteurs et les apports multiples de l’ESS au développement de notre pays ?

Propos recueillis par Fatou Seye
 

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