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Associations : la ressource humaine à rude épreuve

Même si la "qualité de vie au travail" dans les associations est plutôt meilleure que dans les entreprises classiques, la spécificité de l'engagement associatif, que ce soit pour les bénévoles qui s'engagent dans une association ou pour les salariés qui y sont employés, se traduit parfois par des difficultés que les associations ne doivent pas minimiser. Deux exemples récents le démontrent.

Un rapport de l'inspection du travail vient de relever 3 800 infractions sur le temps de travail en 2014 au sein de la Croix Rouge française... L'amende s'élève à 2,8 millions d'euros. Il s'agit, pour la plupart, de journées de travail supérieures à 10 heures pour les salariés de l'association et de dépassements de la durée hebdomadaire maximale (48 heures). La Croix Rouge ne nie pas la situation mais l'explique, dans Le Monde, par son action même : « En matière d'urgence et de secourisme, de réponses aux catastrophes, en France comme à l'international, nos missions demandent une grande mobilisation et disponibilité de nos salariés et bénévoles, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit » et « malheureusement, l'urgence ne prévient pas. » Mais « en aucun cas, il n'y a volonté » de « porter préjudice » aux salariés, « qui accomplissent un travail considérable au quotidien. » Pourtant, les syndicats indiquent que ces situations ne sont pas nouvelles et qu'en tout cas, "les gens sont épuisés. Certains commencent à 7 heures et terminent à 20 heures. »

L'autre information faisait la une du journal gratuit 20 minutes : "Calais, le ras-le-bol des bénévoles". Là, ce sont les bénévoles des associations qui interviennent auprès des migrants qui manifestent leur usure et leur colère. Ils reprochent à l'Etat de ne pas assurer son rôle et d'augmenter la surpopulation du campement de fortune qui regroupe 2 500 migrants (... avec trois robinets d'eau et une dizaine de toilettes), en y envoyant les squatteurs du centre ville. Certaines des personnes qui intervenaient auprès des migrants craquent et des associations se demandent si elles ne vont pas tout simplement arrêter leur action !

Ces deux exemples sont très différents mais, si l'on écoute le raisonnement de leurs dirigeants, reviennent à constater que les bénévoles ou les salariés paient les pots cassés d'une société qui n'assume pas jusqu'au bout les situations dont elle est en grande partie elle-même responsable. Les associations ne peuvent seules répondre à la misère du monde. Et leurs salariés, comme leurs bénévoles, ne peuvent pas, au détriment du droit du travail ou de leur santé physique ou mentale, être considérés comme corvéables à merci.

 

 

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22/07/2019 |
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