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Concours - MéthodologieLe jour de l'épreuve, il convient de rendre une copie qui reflète trois qualités : disposer de connaissances, construire un raisonnement structuré et argumenté, et donner une réponse personnelle rédigée dans un style sobre. Carrières publiques numéro 60 (Septembre-octobre 2006) |
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Le jour de l'épreuve, il convient de rendre une copie qui reflète trois qualités : disposer de connaissances, construire un raisonnement structuré et argumenté, et donner une réponse personnelle rédigée dans un style sobre.
Exemple de sujet : dans quelle mesure la confrontation de diverses cultures constitue-t-elle une chance pour les pays concernés ?
Aujourd’hui, il est de plus en plus diffi cile de vivre isolé : le développement des nouveaux moyens de communication, Internet entre autres, contribue à des contacts entre les différentes cultures. Certaines résistent, risquent-elles d’être sclérosées ? D’autres, à trop vouloir être ouvertes aux autres, ne courent-elles pas le danger de disparaître ?
Il a toujours existé des États qui, pour protéger un mode de vie ou une idéologie, préféraient se replier sur eux-mêmes : gage de bonheur ou utopie, l’isolement protégerait du monde extérieur. Ainsi, par peur d’être contaminés par une pensée étrangère, des pays se referment, refusent tout ce qui est étranger culturellement. Aujourd’hui encore, des nationalismes modernes, comme en Iran ou en Corée du Nord, risquent d’entraîner leurs populations vers une régression et un avenir sombre…
Or une nation qui s’ouvre vers l’extérieur se développe. Mais s’ouvrir aux autres ne signifie pas perdre son identité : il ne faut pas confondre mise en contact et invasion. Invasion comme à l’époque de la colonisation, où le colonisé était soumis aux valeurs introduites par le colonisateur, sans échange. Invasion aujourd’hui par une uniformisation d’une culture unique imposée aux autres : toute monoculture est dangereuse et on parle alors d’impérialisme. On comprend donc les efforts de la France pour conserver un art cinématographique devant l’invasion anglosaxonne. Un pays se sclérose en imposant aux autres un mode de vie unique. Pour pallier ce risque, une solution : favoriser l’échange culturel.
Aussi, faut-il ouvrir ses frontières, ses esprits aux autres, découvrir d’autres modes de vie, d’autres systèmes de pensée. C’est pratiquer l’échange culturel pour que les États modernes, aux flux migratoires accélérés mais inévitables, deviennent de véritables sociétés multiethniques et multiculturelles, où aucune race ou culture ne dominera l’autre, mais où chacun aura sa place. La tolérance est le fondement de toute vie sociale. Aussi, cette confrontation entre plusieurs cultures ne peut qu’être bénéfique si elle est égalitaire, si aucune n’entend dominer l’autre. L’Union européenne (UE) ne serait pas ce qu’elle est, si elle n’avait refusé le principe de domination d’un État sur les autres. Ni empire ni État-nation, elle met en avant le principe de la diversité de ses membres, se reconnaissant pour devise de réaliser l’« unité dans la diversité ». L’UE doit aujourd’hui réfléchir aux moyens de développer un sentiment d’appartenance supranationale entre des citoyens originaires de vingt-cinq sociétés, cultures et langues distinctes. Et le premier symbole de cette diversité européenne est celle des langues qui fonctionnent comme « badge identitaire » et permettent d’exprimer la culture d’appartenance.
La voie de développement et de l’épanouissement pour toutes les sociétés est là : c’est naviguer entre deux écueils, l’abandon des traditions et de la diversité, et le refus de les transformer et d’évoluer. C’est dans une synthèse, un métissage que se trouve la solution : encore faut-il que chacun l’accepte.
Sylvie Chapuis
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