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De la bienveillance

Date de mise en ligne : 09/05/2017.

Edito

► Par Laurent Thoviste, directeur de la rédaction

Au terme d'une campagne hors norme qui a mis en lumière les fractures de la société française, Emmanuel Macron succèdera dimanche à François Hollande à la présidence de la République. Avec cette élection les français ont fait le choix de l'espoir et ont préféré (au contraire des américains ou des britanniques) l'ouverture sur le monde au rempli sur soi. Sans doute un dernier héritage de la philosophie des Lumières ou encore la conscience que notre pays n'est jamais aussi grand que lorsqu'il est universel.

Les problèmes n'ont pas disparu pour autant et la tâche principale du nouveau président sera de redonner confiance à un peuple devenu profondément pessimiste. 5e puissance mondiale, unanimement saluée (et souvent enviée pour ses mécanismes de protection sociale), la France doute d'elle-même au point d'apparaitre souvent comme un championne du monde dans ce domaine. De ce point de vue on peut dire que pour le nouveau président le plus dur commence tant l'élection, pour large qu'elle soit, n'a pas vraiment permis de trancher une orientation politique. Dès le lendemain les partenaires sociaux ont d'ores et déjà appelé à un 3e tour social.

Pour réussir Emmanuel Macron croit dans en son arme fatale, celle qu'il a mise en avant dans tous ces discours : la bienveillance. Avec elle, il veut réconcilier les deux France, celle qui gagne et celle qui a le sentiment d'échouer, celle qui croit à son avenir et celle qui doute. Il aura pour cela besoin du monde associatif qui comme lui croit aux vertus du contrat passé entre les membres. Probablement une des raisons pour lesquelles il a proposé de créer dans son programme un accélérateur d'association chargé de déployer sur l'ensemble du territoire et en moins de 5 ans les associations utiles à notre société. Car derrière les différentes mesures proposées il y a probablement, à l'instar de ce que Roger Sue appelait de ses v½ux dans notre numéro spécial élections présidentielles, la conscience que la politique c'est désormais d'abord la société civile, qu'il faut réarmer dans sa représentation et dans son expression. De la part d'un candidat qui s'est appuyé sur une association plutôt que sur un parti pour accéder à la magistrature suprême, il faut certainement y voir autre chose qu'un hasard.

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