Date de mise en ligne : 15/02/2010.
Actualités
Source : lettre de l'UNAISSE
Nous défendons l'idée d'un métier d'accompagnant scolaire et social, chaînon manquant entre l'éducation spécialisée, l'éducation scolaire et l'éducation populaire.
U.N.A.I.S.S.E
Union Nationale pour l'Avenir de l'Inclusion, Scolaire, Social et Educative
25 Chemin du Petit Chaperon Rouge
88 000 EPINAL
unaisse@free.fr
"Pour la création d'un métier qualifié d'accompagnant scolaire et social des élèves en situation de handicap"
Le 13 février 2010.
Mesdames, Messieurs,
La lettre rédigée par l'APAJH, l'APF et Trisomie France concernant les choix du groupe interministériel et associatif (GIA) quant au travail sur le métier d'Auxiliaire de Vie Scolaire avance que « la réflexion ne peut prendre comme point de départ la situation de telle ou telle catégorie de personnel ».
De notre point de vue, il est fallacieux de faire croire que le point de départ de la réflexion concerne la situation de telle ou telle catégorie de personnel - ce qui sous-entend que l'intérêt des enfants et des familles est différent de celui des AVS et absent des discussions.
Après six, dix ou douze ans de pratique pour certains des accompagnants, le point de départ de la réflexion a été : comment construire un service d'accompagnement scolaire -et social- de QUALITE ?
En effet, qui peut prétendre que la formation et la stabilité d'un personnel n'a aucune incidence sur la qualité du travail qu'il fournit ? Comment peut-on défendre l'idée qu'une succession d'éternels débutants assurerait mieux la part qui revient aux accompagnants dans les processus de scolarisation des enfants handicapés ? Comment soutenir que les accompagnants ne soient pas intégrés dans l'équipe de professionnels nécessaires à la réussite du projet personnalisé de scolarisation (PPS)? Comment espérer un accompagnement de qualité avec l'emploi de contrats précaires générant un "turn over" fortement préjudiciable et déstabilisant pour tous les acteurs d'une scolarisation d'enfant handicapé, et l'élève en premier lieu?
Pour toutes ces raisons, l'UNAÏSSE s'oppose fermement au contenu de la lettre co-signée par les trois association pré-citées, notamment en ce qui concerne le maintien d'un statut temporaire des personnels et la formation de 60 heures, qui y sont plébiscités.
En ce qui concerne la formation actuelle des auxiliaires de vie scolaire-assistants d'éducation (AVS-AED), le constat (mis en avant par nos enquêtes) est pourtant clair : cette disposition, prévue depuis la création du statut assistant d'éducation, n'est ni respectée dans la pratique, ni, surtout, suffisante pour garantir un accompagnement professionnel.
Sur le sujet de l'emploi des AED pour cette mission d'AVS, APAJH, APF et Trisomie 21 France écrivent que "rien [ne les] empêcherait (...) de poursuivre des études par ailleurs". Cette remarque témoigne d'un singulier aveuglement quant à la réalité de l'emploi des AVS-AED . Les caractéristiques de la mission d'AVS telles qu'elles s'imposent aux AED (emploi du temps morcelé, nécessité d'un investissement qui déborde le strict temps scolaire, etc.) sont des éléments qui empêchent de mener des études en même temps. Les nécessités d'investissement professionnel débordent le plus souvent celles liées à des études.
Pour compléter les v½ux de l'APAJH, de l'APF et de Trisomie 21 France en matière d'emploi des AVS, la validation des acquis de l'expérience (VAE) est invoquée. Une enquête UNAISSE de 2009 a démontré que cette procédure, strictement individuelle, longue et couteuse, n'est pas accessible aux assistants d'éducation : ils sont peu informés sur les possibilités, il y a très peu d'aides pour pouvoir présenter un projet, les candidats se voient opposer des refus de financement, et en ce qui concerne les réussites, il y a également très peu de possibilité au delà du métier d'aide médico-psychologique (AMP), formation de niveau V, alors que la plupart des AVS ont un niveau initial supérieur au niveau V. La VAE ne saurait constituer une solution satisfaisante pour les personnels : elle est inaccessible et régressive.
Ce que le contenu de cette lettre propose, n'est ni plus ni moins que de dénier aux personnels AVS la légitimité à renforcer leurs compétences au fil du temps d'exercice, comme n'importe quel métier et, incidemment, de dénier l'existence même de compétences d'AVS.
Avec les statuts actuels (AVS-AED mais surtout contrats aidés, emplois de vie scolaire EVS, largement plus nombreux), de nombreux postes sont restés non pourvus cette année par manque de candidatures, alors que de nombreux accompagnants formés et compétents sont obligés de quitter leur fonction.
De cette situation, les signataires de la lettre ne disent rien, et préfèrent arguer d'une reconduction généralisée des contrats ayant en partie abouti à cette situation. Cela ne laisse pas de nous étonner et, faut-il l'avouer, de nous désespérer.
UNAÏSSE est contre les emplois « jetables ». Un travail de qualité (qui est celui qui leur est dévolu par l'évaluation préalable à l'élaboration du PPS) est possible. Mais avec un personnel motivé par un vrai métier, à temps plein (ou partiel non imposé). L'acuité, la finesse, la subtilité nécessaires pour exercer ce travail nécessitent des temps de formation continue, d'analyses de pratique, et d'inscription dans la vie d'un service dédié à un encadrement et un soutien à la fois des accompagnants et des familles et enfants accompagnés.
Nous revendiquons une vraie qualification pour les AVS avec un premier recrutement tenant compte des expériences acquises par les personnels en poste actuellement et ce quelque soit leur statut d'emploi actuel. (AED ou EVS)
Nous défendons l'idée d'un métier d'accompagnant scolaire et social, chaînon manquant entre l'éducation spécialisée, l'éducation scolaire et l'éducation populaire.
Les membres du Conseil d'Administration de l'UNAÏSSE :
Mireille JENNEQUIN (34) - Renée MICHEL-BRAZIL (31) - Mona BORDEAU (34) - Justine POULAIN (35) - Séverine POMMEREUL (35) - Aurélie BREDART(38) - Frédéric BISACCIA (42) - Guillaume BOURGET (44) - Dominique RIMOND (50) - Eudeline ANDRIEUX (60) - Cécile LAMBERT (81) - Véronique BOYRIE (88) - Marianne TISSOT (92) - Anne BESSON-XAVIER (94)
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