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Des économies à tout prix ?

Débat

Développer un projet associatif oblige parfois à exercer une activité à caractère économique. Doit-on alors se soumettre aux règles du marché et aux logiques managériales ou privilégier une approche spécifique ?

Un des reproches récurrents faits au monde associatif, notamment par le Medef, est son amateurisme qui l'amènerait à ne pas gérer aussi bien les projets économiques dont il peut avoir la charge que le secteur entrepreneurial lucratif, et donc à gaspiller l'argent public qui lui est confié. D'où un appel à professionnaliser les acteurs associatifs pour qu'ils deviennent de bons gestionnaires et, en corollaire, la mise en concurrence avec les entreprises à but lucratif dans le cadre de marchés publics où les comparaisons se font sur des critères précis issus du monde de l'entreprise (prix, délai, performance...).


Performance

Les enquêtes menées par « Recherche et solidarité » montrent d'ailleurs que les responsables associatifs sont conscients de ces questions et qu'ils cherchent à améliorer les performances économiques de leurs structures. Cela amène les conseils d'administration des associations à se transformer en véritables chasseurs de têtes pour trouver la femme ou l'homme providentiel(le) possédant les compétences nécessaires à la maîtrise des règles du management moderne. Une situation qui peut conduire l'association et son équipe dirigeante à privilégier la rationalité économique en choisissant par exemple telle ou telle activité plus rentable, ou à privilégier de manière plus ou moins contrainte et consciente les « segments » de son public les plus solvables.


Rationalité

C'est la question soulevée par Didier Minot et le collectif des associations citoyennes quand ils revendiquent une spécificité de l'action associative non réductible à son aspect économique. Pour eux, vouloir privilégier la rationalité économique et assimiler les associations aux entreprises lucratives quand elles développent des activités à caractère économique et donc les soumettre aux mêmes règles (de la concurrence) revient tout simplement à gommer la spécificité associative. Sans nier la nécessité d'une responsabilisation et d'une maîtrise des coûts de gestion, ils revendiquent la primauté du projet sur la rationalité gestionnaire. La suite à télécharger gratuitement ci-dessous

Associations mode d'emploi numéro 137 (Mars 2012)

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