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Centres sociaux associatifs : une garantie démocratique

Tribune libre

Dans le numéro de février de La Lettre du cadre territorial, un article intitulé « Les centres sociaux à la dérive ? » dressait un tableau très sombre de la situation des centres sociaux et plus particulièremet des centres gérés par une association. La situation financière des associations est effectivement préoccupante, mais la réponse proposée dans cet article nous paraît réductrice. Nous pensons en effet qu'il existe des alternatives au mouvement de municipalisation, prédite dans cet article.

La Lettre du Cadre Territorial numéro 424 (15 juin 2011)

Un article de M François Vercoutère


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Dans le numéro de février de La Lettre du cadre territorial, un article intitulé « Les centres sociaux à la dérive ? » dressait un tableau très sombre de la situation des centres sociaux et plus particulièrement des centres gérés par une association. La situation financière des associations est effectivement préoccupante, mais la réponse proposée dans cet article nous paraît réductrice. Nous pensons en effet qu'il existe des alternatives au mouvement de municipalisation, prédite dans cet article.


La ressource de l'investissement citoyen

Au préalable, rappelons que l'alliance avec les élus locaux est indispensable pour qu'un projet de centre social puisse correctement se développer. C'est au c½ur d'un dialogue entre habitants - experts naturels de la vie de leur territoire -, associations locales et représentants des collectivités, que peut se construire un projet d'intérêt général.

Or, dans votre article, la remise en cause de la pertinence du modèle associatif ne repose que sur la fragilité de la gestion financière. Elle fait l'impasse sur cette grande ressource que représente l'investissement citoyen d'une équipe d'administrateurs pilotant un projet de développement social. Ce projet n'est pas un projet d'opposition municipale. Nous ne sommes pas d'accord avec Emmanuel Cattiau lorsqu'il déclare : « l'époque des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix du centre social « fief » de l'opposition à la mairie est révolue ». Cette époque n'a pas existé. Lorsque de tels cas de figure sont apparus ça et là, ils se sont soldés rapidement par des échecs. Le projet du centre social n'a de sens que s'il interagit avec un projet municipal.

La gestion municipale directe a montré, sous certaines conditions, qu'une telle place des habitants peut être garantie, comme le prouvent certains de nos adhérents. Mais elle demande une vigilance extrême de la part de tous. La tentation de faire du centre social un service public piloté complètement par la mairie est un obstacle à la prise de responsabilité réelle de la population au sein du centre social. Or, nous affirmons dans notre charte que le centre social est un foyer d'initiatives, porté par les habitants. Pour vivre cela en gestion municipale, il faut des élus et des salariés convaincus. Le mode de gestion associatif, de son côté, pose d'emblée le cadre d'un pouvoir confié aux citoyens et offre un modèle d'organisation apprenante.


Coopérons pour relever le défi d'une démocratie vivante

Les éventuelles zones de fragilité du modèle de gestion associatif sont aujourd'hui identifiées. Sur les 1 600 centres sociaux en gestion associative, les situations délicates restent marginales et occasionnelles. Nous y répondons par une grande proximité de nos fédérations locales auprès de leurs adhérents. Cette présence permet un accompagnement au long cours, une offre régulière de formation pour les bénévoles et les salariés et des espaces d'échanges de pratiques. Ainsi, notre organisation fédérale permet un renouvellement des conseils d'administration, apporte une plus-value au projet social et prévient les crises.

Aux cadres territoriaux et aux élus locaux, nous lançons donc cette invitation : coopérons dans les années à venir pour relever le défi d'une démocratie plus vivante, d'une animation sociale locale permettant le développement du pouvoir d'agir des habitants, afin que les questions sociales contemporaines se travaillent ensemble, pour construire des réponses adaptées. Soutenons les citoyens engagés dans la vie associative et la participation citoyenne pour préserver l'avenir d'une telle richesse commune.